Alimentation

Allaitement : mon expérience

Je pense que comme beaucoup, je ne me suis pas posée la question si j’allais allaiter ou non, c’était une évidence que oui !

Pendant ma grossesse je m’étais mis en tête que j’allaiterai mon bébé pendant ses six premiers mois. J’avais imaginé mon allaitement d’une certaine manière et j’étais motivée à donner le meilleur pour mon bébé.

Les débuts

Dès la maternité, il fallait que je donne le sein à mon bébé assez régulièrement. Premièrement pour qu’il apprenne à manger de cette façon et deuxièmement pour pouvoir produire du lait et donc débuter un bon allaitement.

Les premiers jours, il est assez difficile de savoir si bébé boit bien, s’il boit assez ou si quelque chose sort bien du sein…

J’ai été rassurée lorsque j’ai eu LA montée de lait le troisième jour à la maternité. Je me suis dit « C’est bon j’ai du lait ! ». La sensation est un peu bizarre au début, on sent ses deux seins se gonfler et s’alourdir.

Avec les conseils des sages-femmes de la maternité, j’ai été attentive au fait que bébé déglutisse correctement et qu’il ne s’endorme pas en tétant. Je le titillais un peu pour qu’il reste éveillé pendant la tétée (en lui chatouillant les pieds ou en lui caressant la joue par exemple).

Il faut savoir que les trois premiers jours après l’accouchement nous produisons du colostrum et non du lait.

Le colostrum est le liquide sécrété par les seins directement après l’accouchement et contient les nutriments indispensables pour bébé (dont des anticorps).

Il est beaucoup plus riche et concentré que le lait maternel. C’est ensuite le lait maternel qui remplacera le colostrum 3 à 4 jours après, au moment de la montée de lait.

Les premières semaines d’allaitement, bébé pleurait souvent car il voulait constamment téter. Cela a été un peu difficile puisque j’avais l’impression de ne faire que ça. Je me demandais si cela était normal et j’ai commencé à m’inquiéter. 

C’est en me rendant toutes les semaines chez ma sage-femme que j’ai été rassurée. Bébé prenait bien du poids et c’était le principal.

De plus, ma sage-femme me motivait et m’expliquait qu’avec le temps bébé espacerait les tétées (ce qui fut le cas).

La durée de mon allaitement et le sevrage

J’ai allaité Gabriel exclusivement pendant 4 mois et même si ce n’était pas toujours simple, j’étais heureuse de voir sa prise de poids grâce à mon lait et de partager ces moments avec mon bébé.

À ses 4 mois j’ai souhaité commencer le sevrage et j’ai donc inclus un biberon le soir avant le dodo.

Ensuite à partir de 5 mois j’ai remplacé une tétée par un biberon toutes les semaines. J’avais lu qu’il fallait remplacer une tétée tous les trois jours mais j’ai préféré prendre mon temps et faire ça petit à petit.

J’ai définitivement arrêté de l’allaiter à ses 6 mois et demi.

La fin de mon allaitement a été assez difficile pour bébé (et aussi pour moi je l’avoue).

Gabriel a eu un peu de mal a se décrocher du sein. Il refusait constamment les biberons au début du sevrage et je finissais toujours par lui redonner le sein.

Je suis difficilement resté patiente et on continuait à lui donner des biberons afin qu’il s’habitue. Vers 5 mois ça allait beaucoup mieux même s’il lui arrivait de réclamer le sein et d’ignorer son biberon.

J’en ai beaucoup parlé autour de moi (pédiatre, pharmacienne, entourage…) et à chaque fois on me disait que c’était normal et fréquent que bébé refuse le biberon. Il fallait le temps et en effet cela s’est fait tout doucement.

Pour ma part, c’était un peu dur de me dire que j’allais bientôt arrêter d’allaiter mon fils. Ce lien qu’on avait lui et moi pendant plus de 6 mois allait définitivement s’arrêter…

Mais bon je suis très fière d’avoir nourrit mon bébé de cette façon pendant plusieurs mois et d’avoir créée ce lien unique.

Concernant le lait en poudre, j’ai acheté le lait Physiolac relais.

Je ne connaissais pas du tout et à vrai dire je ne savais pas quel lait choisir. C’est ma pharmacienne qui m’a conseillée cette marque.

Je donne toujours ce lait à Gabriel en 2ème age maintenant et tout se passe très bien.

Je le trouve en pharmacie pour le prix de 9 euros. Par contre, pour le trouver c’est un peu galère. Il n’est pas vendu dans toutes les pharmacies et pas du tout dans les grandes surfaces.

(Depuis, je suis passé au lait Gallia Calisma. Non pas parce que le lait Physiolac ne convenait plus mais parce que ma pharmacie ne le vendait plus…)

Tirer son lait

Etant donné que je travaille à la maison, j’étais persuadé  que je n’aurai pas besoin de tirer mon lait.

Sauf que croyez-moi quand vous avez deux trois courses à faire ou un rendez-vous, un biberon de lait maternel au congèle ou au frigo pour dépanner, c’est bien pratique !

Pour ma part je n’ai pas acheté de tire lait, déjà parce que je ne voulais pas tirer mon lait à la base et en plus les prix me refroidissait un peu (pour un tire-lait électrique).

J’ai donc pris ma petite ordonnance qui m’a été donnée à la maternité avec la possibilité de louer un tire-lait. Je me suis ensuite rendue à la pharmacie qui m’a seulement demandé un chèque de caution de 150 euros (le montant peut-être différent d’une pharmacie à l’autre).

D’ailleurs, je ne conseille pas vraiment de mettre un tire-lait sur la liste de naissance. Celui de la pharmacie ne vous coûte rien et il fait très bien l’affaire. (De plus, tant que vous n’avez pas senti le besoin de tirer votre lait ne vous encombrez pas avec ça). 

J’ai tiré mon lait à chaque fois que m’absentais et j’ai toujours fait en sorte d’avoir un ou deux biberons au congélateur au cas où pour dépanner. Du coup papa était content de pouvoir aussi participer au repas de bébé.

Le lait maternel se conserve 6 mois au congèle et 24h au frigo. Normalement deux récipients de 100 ml sont fournis avec le tire lait et c’est ce dont je me suis servie pour la conservation de mon lait.

Sinon j’ai acheté des pots de conservation de la marque Avent pouvant contenir 240 ml de lait et qui par la suite peuvent servir pour la conservation des aliments de bébé au moment de la diversification alimentaire.

Pour réchauffer le lait maternel ou bien le décongeler, nous le faisions directement au bain marie. Bien entendu il faut vérifier sur le poignet la température du lait pour ne pas brûler bébé.

Par contre il faut se dépêcher car un biberon de lait maternel est bon pendant 30 minutes seulement.

Aussi, je me posais deux questions avant de tirer mon lait : « Cela fait-il mal ? » et « Combien de temps ça dure ? »

Alors, non ça ne fait mal du tout et ce n’est pas non plus désagréable. Pour la durée, je pense que cela est différent d’une femme à l’autre.

Quand je tirais mon lait le matin directement en me levant, je remplissais 100 ml en 10-15 minutes. Par contre quand je tirais mon lait dans l’après-midi (que bébé avait déjà tétée plusieurs fois avant) cela mettait un peu plus de temps soit environ 25-30 minutes.

Il m’est aussi arrivé de tirer mon lait en deux fois dans la journée. Il faut juste penser à bien fermer le récipient et à le mettre directement au frigo.

Les crevasses

J’ai souvent entendu autour de moi qu’allaiter pouvait faire des crevasses. Vous aussi on vous a peut-être un peu effrayé avec ça ?

Rassurez-vous, j’ai allaité pendant 6 mois et j’ai eu des petites crevasses seulement au tout début de mon allaitement. Cela n’a pas duré très longtemps et heureusement. Il me fallait juste un peu de temps pour trouver la bonne position pour allaiter bébé.

Avec les conseils de ma sage-femme durant les cours de préparation à l’accouchement nous avons abordé le sujet et elle nous a expliqué comment éviter les crevasses.

Les crevasses ne viennent pas du fait que les mamelons soit sensibles de base ou que sais-je mais de la position de bébé pendant la tétée.

Bébé doit être bien droit et la bouche bien en face du mamelon pour que celui-ci ne subisse pas de frottement (ce qui créé en réalité les crevasses).

Les crevasses font assez mal et encore plus durant les tétées.

Pour soulager les mamelons et les assouplir, la crème à lanoline est très efficace.

Les doutes

Une période un peu moins drôle lorsque l’on allaite, c’est les remarques que l’on peut recevoir : « ton lait n’est pas assez nourrissant », « tu lui donnes trop souvent », « il ne boit pas assez », « il boit trop lentement », « il ne grossit pas assez vite » et j’en passe.

Ne prenez en compte que les remarques de personnes qualifiées comme une sage-femme ou un pédiatre (le mieux est de s’écouter et de se faire confiance).

Aussi, il peut arriver qu’à un certain moment on remette en cause notre allaitement soit parce que bébé réclame trop (ou pas assez) soit parce que l’on se compare trop avec les autres et qu’on finit par douter.

Cela ne sert strictement à rien de se comparer, les bébés sont différents, les mamans aussi.

Si jamais vous doutez ou que votre allaitement ne se passe pas bien, n’hésitez pas à en parler à votre sage-femme, pédiatre ou une autre maman qui a l’expérience de l’allaitement.

4 idées préconçues sur l’allaitement

Manquer de lait ?

Si vous vous renseignez bien, vous lirez que manquer de lait est assez rare.

En revanche, il est assez fréquent d’avoir des périodes avec une baisse de production de lait soit à cause de la fatigue, du stress ou autre.

Rassurez-vous, il y a des solutions pour favoriser la lactation !

Les tisanes d’allaitement sont plutôt efficaces. J’ai acheté les tisanes d’allaitement aux fenouils de chez Gifrer qui pour moi ont très très bien fonctionné.

N’oubliez pas que la meilleure façon de produire du lait est de faire téter son bébé régulièrement (c’est la succion qui permet les montées de lait).

Lait pas assez nourrissant ?

Alors rassurez-vous, le lait maternel est suffisamment nourrissant et contient tout ce qu’il faut pour votre bébé.

Il ne faut pas comparer le lait maternel au lait artificiel qui est du lait en poudre et qui peut rassasier un peu plus bébé.

Pendant toute la période de mon allaitement j’ai constamment entendu « ton lait n’est peut-être pas assez nourrissant » (cette phrase m’a bien gavé).

Il ne faut pas oublier qu’au sein nous ne pouvons pas savoir ce que boit réellement bébé et qu’il faut donner le sein à la demande. Bébé boit donc plus souvent au sein que s’il était nourrit avec du lait artificiel.

Et comme je l’ai déjà dit, tous les bébés sont différents, certains boiront plus souvent que d’autres…

Donc n’ayez crainte, votre lait restera le meilleur repas pour votre petit bébé.

Allaiter fait mal ?

Pas du tout, allaiter ne fait pas mal. Par contre si bébé est mal positionné, ça risque d’être douloureux et de créer des crevasses.

Allaiter abîme les seins ?

C’est en général la grossesse qui « déforme » les seins et non le fait d’allaiter son bébé.

Durant toute la grossesse, votre gynéco ou sage-femme vous conseillent de vous hydrater très régulièrement et de bien maintenir votre poitrine et ce n’est pas pour rien.

Il ne faut pas non plus oublier de maintenir sa poitrine pendant toute la période de l’allaitement. Investissez dans des bons soutiens gorge d’allaitement.

Pour conclure

Je pense que le plus important est de suivre ses idées et surtout ses envies, si vous ne voulez pas allaiter bébé ne vous forcez pas, ce n’est pas une solution.

Si vous souhaitez allaiter, soyez forte et ne vous découragez pas, voir bébé heureux et prendre du poids grâce à votre lait est quelque chose de vraiment magique.

C’est certain, allaiter son bébé n’est pas toujours simple, il faut un peu de temps pour comprendre comment s’y prendre. Il est important de s’entourer de personnes qui vous soutiennent et qui vous motivent.

J’ai été moi aussi démotivée par moment et j’ai même pensé à arrêter définitivement pour passer aux biberons mais aujourd’hui je suis heureuse de ne pas l’avoir fait et d’avoir continué à allaiter mon petit bébé.

Deux autres choses à savoir sur l’allaitement

Allaiter donne vraiment soif !

Je vous l’accorde, c’est très bizarre. Si vous souhaitez allaiter vous verrez que dès que bébé est au sein, on a soif d’un coup.

Les premières semaines j’étais tout le temps avec ma bouteille d’eau (et même la nuit pour les tétées).

Pour ma part ça s’est atténué au bout de 2 mois.

Pas de règles quand on allaite

Et oui, vous ne le savez peut-être pas (je ne savais pas non plus) pendant la période de l’allaitement nous n’avons pas nos règles.

C’est assez cool car pendant les 9 mois de grossesse on s’habitue à ne plus avoir nos menstruations.

Les indispensables pour allaiter

  • Des soutiens-gorges d’allaitements. C’est L’INDISPENSABLE quand on allaite ! J’ai choisis cela car le prix pour trois soutiens gorges était attractif et je ne regrette absolument pas. Je les ai portés durant toute la période de mon allaitement mais également pendant ma grossesse. Ils ont bien maintenue ma poitrine et sont restés comme neuf malgré les nombreux lavages en machine (dans un filet bien sûr).
  • La crème à lanoline Lansinoh. En cas de crevasses cette crème fait des miracles et soulage les mamelons.
  • Tisane d’allaitement Gifrer . Ces tisanes à prendre plusieurs fois par jour favorise la production de lait et permet de rebooster la lactation. Vous pouvez en trouver en pharmacie si jamais vous ressentez une baisse de production de lait.
  • Des coussinets d’allaitement. Les coussinets peuvent servir en cas de fuite. J’en ai utilisé très très rarement voir quasiment pas mais je pense qu’il faut toujours en avoir sous la main au cas où.
    Il existe des coussinets lavables mais il est préférable d’utiliser des jetables car ils absorbent mieux.
  • Des bouts de seins en silicone. Sur la liste de la materernité il était recommandé d’avoir des bouts de seins pour les femmes souhaitant allaiter. J’en ai acheté mais je ne m’en suis jamais servie. Je sais que ça peut sauver un allaitement. Il vaut mieux en avoir au cas où en cas de crevasses. Apparemment ça soulage énormément durant les tétées.
  • Coussin classique ou coussin d’allaitement. Ça évite de porter bébé et de se casser le dos quand il est au sein.
  • Hauts qui se soulèvent facilement pour donner le sein facilement à bébé.

Les avantages

  • Meilleure alimentation pour bébé. Le lait maternel contient que de bonnes choses pour bébé et notamment les anticorps de la maman.
  • Favorise sa santé. Protection contre les microbes et les allergies.
  • Plus pratique. Pas besoin de s’encombrer avec des biberons quand vous sortez.
  • Moins cher. Acheter des tisanes d’allaitement et des coussinets de temps en temps reviendra toujours moins cher que des boîtes de lait en poudre.
  • Pas de préparation. Bébé n’aura pas besoin d’attendre que son biberon se prépare et se chauffe. De plus, c’est bien pratique de ne pas préparer de biberon (surtout la nuit).
  • Relation proche avec bébé. Ce sont des supers moments passés avec bébé.
  • Reprendre son poids initial. Grâce à l’augmentation du taux d’ocytocine, l’utérus se contracte et reprend sa forme de base rapidement.

Les inconvénients

  • Prend plus de temps qu’un biberon. Un bébé boit plus rapidement un biberon qu’au sein puisque le débit et la façon de téter ne sont pas les mêmes.
  • Ne pas connaître la quantité bue par bébé.
  • Rester disponible en permanence pour son enfant même s’il est possible de tirer son lait
  • Les remarques des autres et le manque de soutien

Dites-moi en commentaire si vous aussi vous avez allaité et comment s’est passé votre allaitement ? Partager son expérience peut aider beaucoup de futur maman 🙂

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